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Afrique du Nord, Europe et France

C’est un coup d’éventail qui va sceller pour 132 ans le sort de l’Algérie et, indirectement, de l’ensemble du Maghreb. Coup d’éventail donné par le dey d’Algerle 30 avril 1827 au consul de France pour une ancienne dette, datant du Directoire, et pour laquelle le dey demande des compensations jugées exorbitantes. L’affront du coup d’éventail servira de prétexte au Roi de France, Charles X. Après avoir organisé le blocus maritime du pays, un corps expéditionnaire de 37 500 hommes embarque à Toulon le 14 mai 1830. Les 580 navires de l’expédition abordent Alger le 18 juin. Le 5 juillet suivant, après deux défaites cinglantes,  le Dey capitule et remet Alger, ses forts et sa casbah au général de Bourmont. Selon l’historienne Catherine Coquery, Alger ne compte alors que 30 000 habitants et l’Algérie 3 millions, dont seulement 150 000 résidant dans des cités.

Jusqu’alors, et donc à l’aube du XIX° siècle, les relations entre Afrique du Nord et Europe ne se sont pas très développées. Des relations commerciales existent mais elles sont parasitées par la « guerre de course »menée par les « corsaires » avec l’aval et pour le compte des représentants de l’empire Ottoman : « la Porte ».A l’exception du Maroc, Algérie, Tunisie et Lybie sont depuis plusieurs siècles sous la tutelle des turcs qui désignent, parmi les leurs, les beys et deys en charge de leur administration.  Eux mêmes s’entourent d’une garde militaire formée de janissaires turcs pour contrôler leurs territoires.

L’expansion européenne va commencer à se développer à la fin des guerres napoléoniennes. En 1819, flottes françaises et anglaises imposent aux puissance « barbaresques » l’arrêt de la guerre de course et la création de relations commerciales.

La Tunisie va s’ouvrir davantage que l’Algérie et le Maroc au monde occidental, au point de s’endetter auprès des puissances européennes et de se voir « in fine » contrainte de signer un traité de protectorat avec la France le 12 mai 1881. Le Maroc a su se préserver de tout impérialisme pendant plusieurs siècles et n’a concédé aux européens que 5 ports pour commercer.

Mais le sultanat résiste de plus en plus mal aux appétits européens. Une première défaite contre la France en 1844, conclue par la bataille d’Isly, puis une seconde contre l’Espagne en 1860, qui demande une compensation financière égale à 20 fois le budget du Maroc, précipitent son déclin économique. Par ailleurs, l’ouverture aux commerçants européens est mal vue par les autochtones, musulmans depuis le VII° siècle. En 1912, elle signe à son tour un traité de protectorat avec l’Espagne pour une petite partie de son territoire et avec la France pour le reste.

Quant à l’Algérie, malgré la résistance d’Abd el Kader jusqu’en 1847, elle passe sous le contrôle direct de l’état français, dont elle est partie intégrante, à partir de 1848.Elle devient, avec l’Afrique du Sud, l’autre colonie de peuplement d’Afrique.500 000 français y résident à la fin du XIX°siècle dont plus de la moitié nés sur le sol algérien. Ils ne sont qu’un peu plus de 20 000 en Tunisie, 9000 au Maroc, installés principalement dans les ports : Tanger , Casablanca…

Abd el-Kader

Portrait réalisé par Ange Tissier , 1852

Musée de Versailles

EmirAbdelKader